Alors que les gouvernements annoncent leurs plans pour mettre fin au confinement lié à la COVID-19, le retour au travail ne signifie pas pour autant que les activités de production reviendront à la normale, comme avant la pandémie. La manière dont les entreprises réagissent à l’assouplissement des restrictions, alors que les usines recommencent progressivement à rouvrir, doit être gérée avec délicatesse. Les entreprises évaluent et prévoient actuellement l’évolution de la demande, et s’efforcent de déterminer la composition de main-d’œuvre la plus appropriée.

Dans le secteur industriel, les performances se mesurent en termes de débit et de rendement, et l'industrie mise de plus en plus sur la devise « faire plus avec moins ». C'est le mot d'ordre dans de nombreux secteurs, mais surtout dans l'industrie lourde.

Les perturbations vont se poursuivre, et les entreprises devront s'adapter à une nouvelle façon de travailler. Mais d'où viendront les collaborateurs qualifiés qui permettront la relance des chaînes d'approvisionnement de pointe ?

La COVID-19 a perturbé les chaînes d'approvisionnement mondiales. Alors que les entreprises reprennent leurs activités après la crise de la COVID-19, elles doivent agir de manière réfléchie et résolue afin de renforcer leur résilience.

La pandémie s'est abattue sur cet écosystème comme un raz-de-marée, touchant tous les secteurs d'activité. Par exemple, la chaîne d'approvisionnement agricole américaine est très efficace et figure parmi les meilleures au monde. Nos installations de production de viande sont optimisées pour fournir des découpes sur mesure « juste à temps » (JIT) aux hôtels, restaurants et supermarchés. Pourtant, selon CoBank, un prêteur spécialisé dans le secteur agricole, la COVID-19 a entraîné une baisse de 40 % de la production américaine de porc et de bœuf à la fin du mois d’avril. Cette baisse n’est pas due à la demande des consommateurs, mais à la fermeture d’installations de production suite à des incidents liés à la santé et à la sécurité des travailleurs dans le contexte de la COVID-19.

Le fabricant de demain

À quoi ressemblera le fabricant de demain ? L'heure n'est plus à l'appel à l'action. Nous ne sommes plus les premiers à nous lancer sur le marché ; le réseau « Lighthouse » du Forum économique mondial montre que de nombreuses entreprises et dirigeants à travers le monde mènent des initiatives et des changements. Mais, à l'échelle mondiale, seules 44 usines ont obtenu le statut de « phare » ; nous évoluons dans un marché où les « suiveurs rapides » sont légion.

La valeur générée par les employés les plus expérimentés de l'usine a été mise en évidence lorsque les salariés mis en chômage partiel ont quitté leur poste, emportant avec eux des années d'expérience et un savoir-faire tacite.

Si l'on se projette dans l'avenir du secteur industriel après la pandémie de COVID-19, il est indéniable que le capital humain EST notre ressource la plus précieuse.

La main-d’œuvre humaine doit être en mesure de travailler plus efficacement dans un écosystème en pleine évolution, riche en technologies émergentes. Les industriels doivent adopter une approche globale pour développer des solutions concrètes et évolutives qui mettent à la disposition des ouvriers industriels toutes les capacités nécessaires à la réalisation d’activités hybrides, associant l’homme et la machine, au sein d’un écosystème numérique en pleine mutation.

Anticiper l'avenir

Les conseils d’administration doivent se poser ces questions cruciales. La direction de l’entreprise en fait-elle assez non seulement pour guider l’organisation à travers les changements à venir, mais aussi pour adopter une attitude favorable au changement ? Ou se contente-t-elle de faire semblant avec ce projet pilote qui n’en finit pas ? Le temps des projets pilotes et de l’indécision est révolu. Les entreprises doivent aujourd’hui se développer et s’adapter pour gagner en envergure grâce à des outils numériques collaboratifs qui favorisent la transformation numérique.

Que se passe-t-il lorsque les entreprises ne s'adaptent pas au changement ? Leurs activités seront à nouveau mises à rude épreuve. Et lors de la prochaine vague, les dirigeants seront tenus pour responsables des commandes non honorées, des arrêts de production et des licenciements à venir. Une crise se profile à l'horizon et il est impératif que les organisations s'adaptent et adoptent les technologies afin de renforcer leur résilience.

Au cours des trois dernières années, les fabricants qui ont adopté une approche avant-gardiste ont commencé à transformer leurs activités à l'aide d'outils numériques modernes axés sur la productivité, la qualité et la sécurité.

Alors que les entreprises traversent cette période difficile marquée par la pandémie, nous avons pu constater que les fabricants qui ont adopté les technologies de l'Industrie 4.0 ont réussi à faire face aux conséquences de la COVID-19.

Le niveau d'engagement en faveur de la transformation numérique, qui a jusqu'à présent valu à certaines entreprises d'être reconnues et récompensées, devrait devenir la norme pour TOUS les fabricants, et non plus l'exception.

La réussite de la chaîne d'approvisionnement après la pandémie de COVID-19

Les entreprises vont certainement évaluer leurs chaînes d’approvisionnement afin d’identifier les possibilités de réduire la distance entre le fournisseur et l’entreprise. Cependant, il est peu probable que la majorité des chaînes d’approvisionnement soient effectivement transférées de l’étranger vers des réseaux régionaux. Le coût lié à la reconstruction et au rééquipement ailleurs est trop élevé dans de nombreux cas. Les investissements réalisés au cours des deux dernières décennies en matière de gestion des stocks (c’est-à-dire le « juste à temps ») seraient ainsi réduits à néant.

Au contraire, la meilleure stratégie pour réussir, compte tenu du contexte économique actuel, consiste pour les entreprises à exiger de leurs fournisseurs qu’ils investissent dans des stratégies liées à l’Industrie 4.0 et qu’ils les adoptent. La numérisation du travail a un impact considérable sur l’efficacité opérationnelle. Elle permet également le partage de données entre fournisseurs et clients. Le partage des données opérationnelles permet de mesurer, d’évaluer et de transformer les processus. Cela a été le cas pour plusieurs de nos clients, notamment Sealed Air, Georgia-Pacific et Heineken ; s’ils n’avaient pas adopté les technologies de l’Industrie 4.0, leurs clients , tels qu’Amazon, Target et Walmart, auraient été confrontés à de graves pénuries d’approvisionnement.

La COVID-19 aura des répercussions durables sur les entreprises manufacturières et les chaînes d’approvisionnement, contraignant ces dernières à restructurer leurs activités. Les mois à venir resteront difficiles et remettront en question les méthodes de travail traditionnellement utilisées par le passé. Les dirigeants doivent agir avec détermination et rapidité. En adoptant de nouvelles technologies numériques, les entreprises ont la possibilité de sortir de cette crise avec des activités plus résilientes, plus productives et plus sûres.